Le chemin de la douleur

Définition : La douleur est le résultat de l'excitation des nerfs, ou plus précisément des fibres composant les nerfs et aboutissant à un message nerveux : le stimulus douloureux aboutissant à la douleur.

La douleur est définie par l’Association Internationale pour l’Etude de la Douleur (IASP) comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel, ou décrite en termes d’un tel dommage».

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Il existe 3 grands types de douleurs :

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  • La douleur due à un excès de nociception (perception exagérée de la douleur). Ce type de douleur est le résultat d'une augmentation de la transmission des messages douloureux qui sont transportés par les fibres fines. Pour venir à bout des douleurs par excès de nociception il est nécessaire d'utiliser des antalgiques* (aspirine, paracétamol, dextropropoxyphène, dérivés morphiniques etc.).

  • La douleur par défaut d'inhibition. Il s'agit des douleurs de type neurogène qui font suite à l'atteinte d'un nerf périphérique. Il peut s'agir entre autres d'une section, d'une amputation, d'une lésion nerveuse due à l'utilisation de la radiothérapie.. Les douleurs par défaut d'inhibition sont le résultat de l'altération des systèmes inhibiteurs d'origine centrale. Les médicaments employés pour lutter contre ce type de douleur sont des substances ayant une action centrale. La douleur n’est plus inhibé bien qu’elle n’existe, en quelque sorte, plus. L’usage d'antalgique est alors inutile : il faut utiliser des antiépileptiques* (carbamazépines, clonazépam : Rivotril, gabapentine : Lyrica, etc.) et des antidépresseurs*.

  • La douleur psychogène. Il s'agit d'une douleur dû à une situation douloureuse, qui ne peut être expliqués physiologiquement car il n'y a pas de lésion physique.

Cependant nous nous intéresserons principalement que à la douleur par excès de nociception

Glossaire

 

 
antidépresseurs : médicaments qui peuvent corriger et relever l'humeur dépressive jusqu'à atteindre de nouveau l'état normal et qui pour la plupart peuvent également diminuer l'intensité des troubles anxieux associés ou non à la dépression
antiépileptiques : médicaments qui visent à atténuer voire à supprimer les crises convulsives qui caractérisent cette affection, sont provoquées par des décharges électriques anormales et non régulées

Du récepteur à la moelle épinière

L’influx nerveux prend naissance à l'endroit où démarre l'agression de l'organisme. Lors que le corps subit une agression, les cellules abîmées libèrent des substances algogènes* qui vont s’accumuler sur les récepteurs nociceptif ( ou nocicepteur ) qui quand ils seront stimulés par une agression au delà d'un certain seuil tolérable, qui diffère selon chaque personne, enverront un stimuli nerveux, semblable à un courant électrique, dans les nerfs qui transmettent l'influx à travers les fibres nerveuses qui sont regroupées en faisceaux en leurs sein. Les fibres de gros calibre (A alpha et A béta) font parties de la voie lemniscale. Ces fibres de gros calibre ont un rôle plus important en ce qui concerne le contrôle de la douleur que dans sa conduction. Les fibres de petit calibre (A delta et C) font parties de la voie extra lemniscale et sont le support de la sensibilité non discriminative.

Les récepteurs peut importe où il se trouve, que ce soit dans ou à l’extérieur du corps, enverront l'influx grâce aux nerfs à la corne postérieur de la moelle épinière.

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Le chemin de la douleur

 

 

De la corne postérieur de la moelle épinière au cerveau

 

Ainsi, à partir de la corne postérieure de la moelle épinière, l'influx nerveux emprunte d'autres neurones constituant ce que l'on appelle la voie sensitive de la moelle épinière (quittant ainsi la voie nerveuse), située également dans la corne postérieure.
À ce stade, l'inhibition de l'influx nerveux peut être intensifiée grâce à l'action de certains neuromédiateurs. C'est le cas, entre autres, des opiacés comme la morphine ou des endorphines. De plus, arrivé à la moelle épinière, le système se complexifie : différents systèmes vont faire en sorte que la douleur va être inhibée ou à l'inverse accentuée. C'est l'exemple du phénomène d’embrasement et du système de la porte qui tout deux agissent à des points proches et vont contrôler l'influx de la douleur.
Il existet à ce niveau un contrôle par les neuropeptides*(variété de protéines) : il s'agit essentiellement de la substance P* et des peptides opioïdes endogènes* (enképhaline et endorphine) qui peuvent ainsi augmenter ou diminuer, voir stopper, la douleur.
La substance P est un neuromédiateur* des fibres C transmettant la douleur intense. Les influx qui sont véhiculés par les fibres C vont libérer la substance P dans la fente synaptique (articulation entre deux neurones) ce qui aboutit à l'excitation du neurone post-synaptique (situé après la synapse) au niveau de la corne postérieure de la moelle épinière. Cet endroit est le lieu où les fibres C font un relais avec les autres fibres.

La substance P et les peptides opioïdes endogènes sont retrouvés dans le système central et au niveau du système nerveux périphérique, principalement au niveau du tube digestif. Les opioïdes endogènes vont alors se fixer sur les récepteurs morphiniques, l'enképhaline qui est synthétisée au niveau des inter-neurones de la moelle épinière va inhiber la libération de la substance P par les fibres C, ce qui aura pour effet de stopper ou du moins de ralentir et diminuer la douleur. Il y a ainsi inhibition du neurone qui reçoit le stimulus douloureux et qui le transmet vers les centres supérieurs.

Au niveau du cerveau

Ces douleurs sont ensuite transmises au cortex où en stimulant précisément les fibres myélinisées A, on active les cellules T et on inhibe la transmission de la douleur à hauteur de la moelle épinière.
Après ce passage, l'influx nerveux va ensuite remonter le long de la colonne vertébrale, toujours dans la moelle épinière pour atteindre une zone du cerveau : le thalamus*, zone où l'influx nerveux est transformé en sensation douloureuse, proprement dite, ressentie par le patient.
Au sein du thalamus il existe des sous-zones dont le rôle est d'influencer le message douloureux (sensation, localisation, discrimination etc.). C'est ainsi que chaque individu va ressentir différemment la douleur selon son vécu, son anxiété, son angoisse etc.
Le thalamus et une autre zone du cerveau : le système limbique, sont connectés et à eux deux définissent la perception de cette douleur. Mais ce ne sont pas les seuls qui la définissent, c'est aussi le résultat du glutamate et d'autres substances telles que la substance P qui sont produits par les mêmes fibres nerveuses C car ces substances peuvent créer des connexions et par l'intermédiaire de ces connexions intensifier le sentiment de douleur.

 

En cours de route, plus précisément au moment ou l'influx nerveux a traversé le premier neurone, un ordre automatique, et instoppable, du cerveau est envoyé au muscle afin qu'il se contracte afin que la source de la douleur ne soit plus assez prés pour nuire (comme lorsque l'on se brûle avec du feu et que notre main, par réflexe, recule) ou afin de le repousser. On appelle cela un réflexe de retrait (arc réflexe).

 

Glossaire

 

axone : ou fibre nerveuse, est le prolongement du neurone qui conduit le signal électrique du corps cellulaire vers les zones synaptiques

allodynie : désigne une sensation douloureuse survenant à la suite d'un toucher léger qui ne devrait pas, normalement c'est-à-dire physiologiquement, entraîner de douleur.

cellules T : corps cellulaires des neurones sensitifs

cortex : partie périphérique du cerveau où est " ressentie " la douleur proprement dite.

endogènes : cela signifie à l'intérieur (en l'occurrence ici, dans le corps) sans action de l’extérieur.

muqueuse : couche de cellules recouvrant l'intérieur des organes en contact avec l'air

myéline :  substance constituée principalement de lipides dont les couches alternent avec des couches de protides. De façon générale, la myéline sert à isoler et à protéger les fibres nerveuses, comme le fait le plastique autour des fils électriques.

neuromédiateurs : ou neurotransmetteurs, substance transmettant l'influx nerveux entre les neurones au niveau des synapses

prostaglandine : substance qui permet de sensibiliser les récepteurs des terminaisons nerveuses sensitives à l'action des médiateurs algogènes.

substance algogène : substance destinée à engendrer la douleur .

thalamus : zone du cerveau située au centre de celui-ci permettant l'analyse des douleurs entre autres


neuropeptide : c’est unacide aminés sécrété par un neurone et ayant essentiellement une fonction de neuromodulateur


substance P : c’est un neuropeptide. la Substance P (P comme “Pain” qui signifie douleur en anglais) est associée à la régulation des troubles de l'humeur, de l'anxiété, du rythme respiratoire, des nausées et de la douleur.


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